Samain, Dernière Errance


Allegories – « Samain, dernière errance »

Intéressons nous cette fois ci à un sujet très présent dans la culture collective, mais tout aussi méconnu, le druidisme.         

Quelques photos des coulisses

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Extraits de notre feuille de route :
Les celtes, considérant l’écriture comme morte et privilégiant l’oralité, ont laissés peu de traces. Seules quelques découvertes archéologiques ont pu apporter des informations, difficilement déchiffrables, mais libérées du voile de la subjectivité.
Les informations que je vous apporte afin de mettre en place ce nouveau tableau Allégories, ne se prétendent donc pas être un cours concernant un domaine où les historiens n’entrevoient que peu de choses, mais un petit éclaircissement sur le sujet.

Chacun fantasme le druide en sorte de sorcier blanc, à la cueillette du gui, voici, ici, ma vision idéalisée de celui ci.

Le personnage du Druide

Le druide, étymologiquement, « le très savant », est un personnage important de la société celtique. Il est l’intermédiaire entre les dieux et les hommes.

Le druide est représenté sous l’apparente de Cernunosle dieu cornu.

Le rôle social du druide est assez clair, il est un des piliers de la cité, guide du peuple et gardien de ses traditions. Mais sa mission reste encore assez méconnue dans la doctrine et les rituels de la religion dont il est l’organisateur, le représentant. Le druide est relié à un dieu unique, lui même relié à un milieu naturel, lieu ou circulent et s’échangent les énergies (les NemetonsLes celtes croyaient à l’immortalité de l’âme et à la survie de celle ci dans un autre monde et un autre corps                                                       


Certaines idées et conceptions Animistes du monde étant « à la mode » dans notre civilisation occidentale moderne – qui s’aliène dans un monde très (trop) pragmatique, déconnecté du besoin spirituel – reviennent progressivement dans les consciences. Mais notre culture collective est totalement ignorante de ces croyances et modes de pensées diamétralement opposées aux nôtres et à notre mode de vie, au risque des pires dérives et confusions. Je me suis donc penchée de près sur l’assimilation du Druide au Chamane.

Les chamanes existent depuis les débuts de l’homme, se sont développés partout dans le monde, et existent toujours aujourd’hui. Le (ou La) chamane est un homme médecine dévoué à la collectivité à laquelle il appartient : il peut guérir les malades, voir l’avenir, conjurer le mauvais sort et avoir recours a la magie. Le chamane n’est pas un prêtre.

Malgré les points communs de certaines pratiques chamaniques et druidiques ;  pratiques concernant principalement les techniques de l’extase, afin de se dédoubler par l’action de psychotropes ou de la musique. Grâce à ces techniques rituelles, ils ont la possibilité de naviguer vers d’autres mondes, en particulier grâce à l’eau, barrière entre les réalités, image universelle qui nous rappelle sans doute le Styx à traverser.
Toutefois, la société dans laquelle ils vivent n’est pas organisée de la même manière et ne repose pas sur les mêmes fondements, leur rôle au sein de cette société est donc très différent de celui du druide. 

          « Le chamanisme n’est pas une religion, et n’a par conséquent ni hiérarchie sacerdotales ni prétention dogmatiques (à l’inverse du druide au sein du peuple celte)(…) c’est un ensemble de rites qui sont les résultats de pratiques millénaires transmissent un peu au hasard parmi des populations qui pouvaient appartenir de près ou de loin a une religion établie. »

                                                              .
« Il ne faut pas oublier que le chamanisme ne constitue en aucune manière une religion et ne comporte par conséquent ni dogme, ni théologie : ce n’est qu’un ensemble de pratiques rituelles transmises oralement de génération en génération et dont certains personnages, les chamanes, sont les détenteur plus ou moins exclusifs, ou du mois reconnus comme tel par la collectivité à laquelle ils appartiennent. Mais cela suppose que ces pratiques rituelles, qui ne peuvent être gratuites ou spontanées, reposent sur des croyances dument établies et partagées, lesquels proviennent souvent d’influences extérieures au milieu ou s’exerce le chamane ». 

Jean Markale, Druides et Chamanes

Néanmoins, je m’autorise une petite liberté, puisque, dans cette mise en scène, je considère la folle comme malade, non du corps, mais de l’âme. Ame que va guérir le Druide en allant se confronter et demander de l’aide aux Dieux du Sidh, et au Morts de l’Au Delà, afin de guérir les angoisses de cette dernière.

Le contexte de cette mise en scène : Une fête Druidique                                                 

Les druides, connectés à l’énergie des éléments naturel, ont donc organisé leur calendrier suivant le cycle des saisons, cycle naturel de tous les être vivants.

Nous nous intéresserons à la cérémonie du nouvel an Druidique, Samain, dont le nom signifie « extrémité de l’été ».

Cette fête est une transition entre deux années, le temps de ces festivités se situe hors du temps.

Ce moment où tout meurt momentanément dans la nature et se met en sommeil le temps de l’hiver est le mieux choisi pour se relier à la mort. Les mondes visibles et invisibles communiquent et perment la rencontre des vivants, habitants de ce monde et de ceux du Sidh, l’Autre Monde.
Le Sidh est un espace de transition entre notre monde, celui des vivants, et l’Au Delà, c’est le monde des Dieux.
Dans ce contexte festif où s’effectuent des rituels collectifs, j’ai choisi d’y implanter  une histoire particulière : un rituel individuel. En réponse au tableau “La Folie” (page précédente), nous assistons à la liberation de la folle par la Druidesse.

la folie

Mathilde, L’aliénée, oppressée par ses démons qu’elle personnifie en une sorte de marâtre menaçante, est ici la patiente.  Son âme, gangrénée par sa folie, est guérie par une druidesse lors des fêtes du Samain. Alixia incarne la druidesse, Le Dieu Cornu. Emmanuelle, l’ennemie dans la mise en scène « la Folie » est donc également de retour puisque son personnage est indissociable de celui de la folle, crée par celle ci.

Dans le contexte de Samain, Corinne est la personnification de l’Au Delà, des deux mondes, vivants et morts, entrant en contact lors des festivités. Elle est une sorte de représentant des disparus qui dialoguent avec le druide.

Le druide doit donc préserver les vivants de ce personnage, générateur de toutes les peurs les plus primitives, tout en assurant une communication entre eux, vivants et morts, lors de ces festivités.
Dans cette scène, la druidesse « affronte », ou plutôt se confronte à l’immensité de cet autre monde, avec les morts. Elle vient de vaincre la folie (personnifiée par Emmanuèlle), de libérer Mathilde, a qui elle a redonné la vie. Nous présenterons Mathilde comme un enfant, un être humain vulnérable et innocent qui recouvre les yeux sur le monde.

          Le Nemeton est un sorte de sanctuaire naturel (autrefois couvert) isolé au milieu d’une forêt, sur lequel les celtes pratiquaient leurs rituels.

Nous pouvons assimiler le lieu choisit pour cette mise en scène à un Tertre (ou Cairn) dont le nom signifie « amas de pierres ». Ces Tertres sont des enveloppes visibles qui dissimulent la réalité des univers parallèles. En effet, ils sont donc reliés – et parfois également assimilés – au Sidh que l’on peut traduire par « Calme » ou « Sérénité »..

Ainsi, ainsi ce rituel de guérison de la folie –  qui passe d’un salon XIXe à un espace vert sans aucune possibilité d’explication – certes fantaisiste, n’est pas une mise en scène totalement imvraisemblable.                              .
Ce rituel de guérison marque une renaissance dans le cheminent de vie de l’aliénée. C’est une sorte de résurrection pour la folle, guidée par la druidesse. Pour se libérer de sa part d’ombre, la jeune ingénue va devoir entrer en contact avec ses démons, affiliés au monde des Dieux, et des Morts, entités que représente Corinne.                                                      .
Là forêt et l’amas de pierre isolé où va prendre vie cette mise en scène doit évoquer les  Nemeton, lieux sacrés et magiques, et les tertres, ou séjournent les habitants du Sidh. Les origines, c’est à dire la localisation et le climat Automnal de cette mise en scène sont des bases réelles et plausibles liées aux pratiques des celtes. Au travers ce nouveau tableau allégories, nous tentons d’effleurer ce que pouvaient être ces rituels et ces festivités druidiques..


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Un commentaire sur “Samain, Dernière Errance

  • lesteur
    j adore cet univers ! et ces petits courts métrage ! gothique et céltique à la fois. j aimerai même jouer un rôle avec votre superbe équipe. Samuel. ( facebook : samuel lesteur)